National – Le mot « race » supprimé de la législation par l’Assemblée Nationale
Les députés français ont adopté jeudi soir par un vote à main levée une proposition de loi du groupe du Front de gauche qui supprime le mot "race" de la législation française. François Hollande s'était en effet engagé pendant la campagne présidentielle à supprimer ce terme de la Constitution.
Tous les groupes de gauche ont voté ce texte qui a été amendé par la commission des Lois. Le groupe UDI (centriste) s'est divisé, une partie votant pour, l'autre s'abstenant.
L'UMP, jugeant le texte « plein de bonnes intentions mais posant problème sur le plan technique », s'est soit abstenu, soit a voté contre.
L'article premier de la proposition de loi tel qu'il a été réécrit par la commission des Lois dispose que « la République française interdit et condamne le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie. Elle ne reconnaît l'existence d'aucune prétendue race ».
« En décidant de supprimer la catégorie juridique de races, notre Assemblée contribue à faire avancer notre société au plan idéologique et pédagogique, même si, nous en sommes tous convaincus, ce geste symbolique ne suffira pas à effacer le racisme », a déclaré François Asensi, député Front de gauche.
Le rapporteur de la proposition, Alfred Marie-Jeanne, a fait valoir que le mot "race", « ce concept aberrant, ayant servi de fondement aux pires idéologies, n'a pas sa place dans notre ordre juridique ».
La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a apporté le soutien du gouvernement à ce texte. « C'est un compromis qui me parait le meilleur possible », a-t-elle estimé.
Plusieurs propositions de loi sur ce sujet ont déjà été présentées au Parlement, la dernière en date, déposée en 2008 par la gauche, proposait de supprimer le mot "race" de l'article 1 de la Constitution. Mais elles n'avaient pas abouties.
